Sonia Rolland (Tropiques criminels, saison 6) : « Mélissa est profondément amoureuse d’Arnaud »


Sonia Rolland a repris son rôle de la commandante Mélissa Sainte-Rose dans la saison 6 de Tropiques criminels , diffusée chaque vendredi en prime time sur France 2. Pour Toutelatele, l’actrice explique ce qui attend son personnage et revient sur le succès de la série.
Valentin Delepaul : Vous avez repris votre rôle de la commandante Mélissa Sainte-Rose dans cette saison 6 de Tropiques criminels depuis le vendredi 14 mars 2025 sur France 2. À quoi faut-il s’attendre pour votre personnage dans cette nouvelle salve ?
Sonia Rolland : Comme Mélissa est dans une relation bien entamée, va-t-elle accepter une demande en mariage ? C’est la vraie question qu’on se pose. Elle est toujours assez tourmentée, c’est un personnage qui paraît gérer les situations, qui paraît être cadré, mais elle ne gère rien du tout de sa vie personnelle. En revanche, c’est une super flic. Elle est forte dans sa vie professionnelle, mais dans sa vie privée, c’est souvent un peu le brouillard. Cette année, il va y avoir quand même beaucoup de situations drôles qui vont se jouer à la fois dans sa vie privée, et puis toujours avec son acolyte Crivelli.
Le premier épisode a débuté avec la demande en mariage d’Arnaud. Pourquoi Mélissa est hésitante ?
Mélissa a peur des choses qui l’engagent sur le long terme. C’est quelqu’un qui a un profond besoin de liberté et qui a déjà été heurté dans sa vie amoureuse. Elle se méfie d’elle-même, plus que de l’autre. C’est un personnage tellement contradictoire, elle ne sait jamais vraiment ce qu’elle veut à ce niveau-là.
« Mélissa est toujours assez tourmentée »
Comment va évoluer la relation entre Mélissa et Arnaud dans cette saison ?
Mélissa est profondément amoureuse d’Arnaud pour des raisons assez simples, c’est quelqu’un qui lui fait du bien, lui amène une certaine légèreté, lui enlève ce corset qui la rend un peu rigide. C’est une forme de renaissance dans sa vie. Elle n’a plus ses enfants et une nouvelle vie se dessine avec lui de façon assez joyeuse. Toujours avec beaucoup de maladresse, mais une maladresse assez attachante et tendre. C’est intéressant comment elle évolue dans son approche du couple. Elle se laisse complètement guidée par lui. C’est assez chouette à jouer.
Comment définiriez-vous la relation entre Mélissa et Gaëlle (Béatrice de la Boulaye) ?
D’une complicité évidente, mais dans un joyeux bordel quand même. Avec Crivelli, il faut s’attendre à tout. Cela demande à Mélissa d’être aux aguets tout le temps. C’est quand même quelqu’un d’assez imprévisible, et à gérer au quotidien, ce n’est pas facile, surtout dans le travail. C’est très chouette à jouer, mais même pour la comédienne que je suis, face à l’énergie que demande le personnage de Crivelli, ce n’est pas toujours simple. Béatrice se permet aussi quelques improvisations, et il ne faut pas lâcher ça. Cela demande énormément d’énergie en plus de tout ce que j’ai à faire en tant que commandante, et toutes les situations qui permettent au public de comprendre aussi ce qui se joue, les enjeux qui sont les nôtres. C’est intéressant, mais cela demande une certaine discipline de mon côté.
« Avec Crivelli, il faut s’attendre à tout »
Comment s’est passé le tournage en Martinique ?
Pour moi, c’est une récréation joyeuse, mais qui demande énormément de discipline. Chaque année, c’est comme une petite famille qu’on retrouve et l’ambiance est toujours au beau fixe. Et puis les ambitions de la série sont toujours là, on ne sent pas de lassitude. Ce qu’on peut ressentir parfois, c’est plutôt de l’indiscipline comme on se connaît bien. Et ça, ce sont des choses qui m’angoissent énormément. Je suis une ayatollah de la discipline sur le tournage, ce n’est pas forcément hyper compatible avec la bonhomie et l’envie de déconner de Béatrice, par exemple. Parfois, on se retrouve à devoir jouer la flic en dehors de son rôle de flic, ce n’est pas forcément très cool.
Comment expliquez-vous le succès de la série ?
Je pense qu’on a amené un peu de soleil dans les foyers des Français. La destination est quand même très plaisante : les Caraïbes, la mer bleue, cette végétation, ces plages paradisiaques, cela fait rêver. Et puis, la singularité de nos personnages, et ce côté très Amicalement vôtre , un peu chien et chat, plaît forcément. On aime les contradictions, les tensions, mais qui résultent par des situations très comiques.
Il y a quand même une forme de réalisme aussi dans les sujets qu’on aborde, qui ne sont pas faciles. Il y a quelques saisons, on avait abordé le harcèlement au travail ou encore l’homophobie. Ce sont des sujets qui ne sont pas forcément évidents à traiter dans une comédie policière, mais on a su le faire avec sincérité. Je pense que cela touche le public. On sait très bien que c’est une fiction. Les policiers que je croise trouvent que la série est chouette. On est dans une véritable fiction, mais en interprétant les choses de façon sincère et irrévérencieuse, ce que le public adore.
« J’ai vraiment énormément de plaisir à travailler sur cette série »
Avez-vous hâte de partir sur le tournage de la saison 7 de Tropiques Criminels , qui a lieu en ce mois de mars 2025 ?
J’ai toujours hâte de retrouver un plateau, quel qu’il soit. Mais c’est vrai que là, il y a quand même une histoire particulière, une histoire de presque de famille avec cette équipe. Cela rend les choses encore plus joyeuses quand on les retrouve. J’ai vraiment énormément de plaisir à travailler sur cette série, bien que j’ai quand même conscience, malgré tout, que je ne peux pas m’éterniser trop longtemps.
C’est génial que ça fonctionne, mais j’ai besoin aussi de me réinventer. C’est aussi pour ça que je suis contente d’avoir des unitaires à jouer, un long métrage qui vient d’être terminé, où je partage l’affiche avec Jean-Hugues Anglade. C’est quand même super de pouvoir se dire qu’on se réinvente ailleurs, sinon cela peut être contre-productif pour l’actrice qui a autant d’ambition que moi, ça peut être délicat.
Un mot sur Meurtres à Douai , qui sera diffusé prochainement sur France 3 ?
C’était un plaisir de retrouver une réalisatrice que j’ai rencontrée sur Tropiques Criminels, qui s’appelle Pascale Guerre, et qui a été une très belle révélation sur le tournage de la série. J’ai accepté quand elle m’a proposé de la rejoindre sur ce Meurtres à… J’en avais refusé quand même pas mal avant, car je n’étais pas toujours convaincue de l’histoire. Là, j’étais vraiment passionnée, car c’est une partie de l’histoire de France que je connais que très peu : l’Inquisition. Elle est évoquée à travers des meurtres qui reconstituent des tortures de l’Inquisition. On chasse un meurtrier en série avec la complicité de Nicolas Bridet, qui est un acteur que j’adore et qui m’inspire beaucoup. Travailler avec lui, c’était génial.
Quels sont vos projets ?
Je suis en train de travailler à l’écriture de ma prochaine fiction. Il y a certainement un autre projet d’unitaire dans lequel je vais tourner à la rentrée prochaine. Je travaille activement sur mes prochaines réalisations à la fois fiction, unitaire et aussi une série d’animation. J’ai du travail, mais j’ai hâte d’aller en Martinique pour poser mon cerveau et ne me concentrer que sur le rôle de Mélissa Sainte-Rose. Être monomaniaque, ça va me faire du bien aussi, bien que je sois incapable de rester sur un truc.